samedi 23 mai 2009
Barricades
Une photo, jaunie -cliché, on n'en sort pas, c'est comme les nuages, de plomb, jamais d'acier-. Au coin est dessiné un cœur, minuscule, à
l’encre bleue. Ils sont assis côte à côte.sur des chaises. Celle de l’homme est plus haute ; ça ne
saute pas aux yeux, je l’ai vu il y a peu. La tranche du cliché est dentelée,
sourire, comme le timbre d’une carte postale qu’on enverrait dans le
temps. A des gens que l’on ne connait
pas forcément. C’est étrange de vouloir être photographié. J’essaie de me
souvenir ce qui m’est passé par la tête la dernière fois ; sans doute
quelque chose de futile. Dans leurs yeux ce n’est pas ce qu’on lit. De la
gravité teintée d’interrogation. Pourquoi ces portraits donnent-ils tous cet
air aux gens ? Même à ceux qui
savent rire. Étonnant. Je les trouve ridicules ainsi graves et engoncés.
lundi 11 mai 2009
interlude
Je crois que je ne me suis jamais marié (et ne me marierai jamais si j'ai ce qui suit à l'esprit)
c'est tout bête, à cause de 2 mots...
l'un est vaudevillesque: mari
Je ne veux être le mari de personne, il me semble que j'en aurais des frissons de dégoût à propos de la personne qui dirait "mon mari" en parlant de moi. Le mot lui même est disgracieux, je suis certain qu'il contamine.
l'autre est d'un domaine entre le respect et la modestie : femme
Je ne veux pas que quelqu'un soit ma femme
Je veux sans doute que quelqu'un reste une personne,
pour ma part, je veux rester personne et en avoir le choix.
